COMPÉTITION ÉGAL SUCCÈS?
Par : Stéphanie Bouchard
Stéphanie a remporté une bourse de 10 000 $ afin d'étudier à l'Université Saint-Anne!
La seconde où tu as été conçu, tu as commencé à faire compétition avec tout ce qui t’entourait. À la naissance, tout le monde fait face à un nouveau type de compétition. Comme enfant, on est continuellement en compétition avec tes amis. Adolescent, on est en compétition avec soi-même en essayant de découvrir qui tu es réellement et de plus, on est en compétition à l’école. Dans nos sports préférés, on est en pleine compétition non seulement avec l’équipe adversaire, mais aussi avec la sienne. À l’université, on voit que la compétition est toujours présente, peut-être plus fortement. Maintenant qu’on travaille à temps plein, qu’on a une famille, il n’y a que de la nouvelle compétition. La compétition occupait, occupe et occupera toujours une place dans notre société. Elle est une des structures qui aide à former notre société et nous comme individu. Elle joue sur les émotions des individus positivement et même négativement. D’après le Petit Larousse 2004, le mot compétition est défini comme étant la recherche simultanée, par deux ou plusieurs personnes, d’un même poste, d’un même titre ou d’un même avantage (1). La compétition est-elle utile? Faut-il vraiment toujours être le meilleur pour être satisfait? Est-ce que la compétition est saine? Peut-elle être malsaine?
Nous voyons de plus en plus que si nous n’arrivons pas à être les meilleurs, nous ne sommes pas satisfaits. Notre société nous pousse à croire que si nous sommes supérieurs aux autres, nous réussirons. Un exemple parfait de ceci serait à l’école. Comme élève de douzième année, je me rends compte très souvent que les élèves sont continuellement en compétition les uns contre les autres. La question est toujours la même : qui aura la meilleure note? Si tu n’as pas la plus haute note, tu ressens de la frustration envers toi et envers la personne qui a obtenu le meilleur résultat. La prochaine fois, tu te pousseras encore plus afin de pouvoir te « venger » de cette personne, celle à cause de qui tu étais si découragée, qui t’a fait penser que c’était la fin du monde. Réveille! Pense un peu à ton affaire! Peut-être que tu n’as pas pu avoir la meilleure note pour cet examen, mais as-tu fait de ton mieux? Si oui, pourquoi n’es-tu pas satisfait! Laisse faire ce que la société pense! Peut-être que cette matière n’est pas celle dans laquelle tu peux exceller. Tu te dois de penser. La personne qui a eu une note plus élevée que toi, en mathématiques par exemple, ressentira probablement les mêmes sentiments que tu as éprouvés envers elle lorsque tu obtiendras une note plus élevée dans d’autres matières. Il ne faut pas baser nos résultats sur les capacités de notre compétition, mais plutôt sur nos propres capacités. Dans un cas pareil, il vaut mieux faire compétition avec soi-même, en autres mots, essayer de s’améliorer de fois en fois.
Existe-t-il de la compétition saine? Selon Jean Garneau, psychologue, la compétition saine existe, mais il y a trois « ingrédients » fondamentaux qui nous permettre de la vivre: l’estime, la recherche d’excellence, la liberté/responsabilité. Examinons chaque ingrédient de plus près. L’estime peut se manifester de différentes façons, par contre l’estime sera toujours présente en la personne qui se trouve à être en compétition. L’estime peut se présenter sous forme de respect envers un adversaire ou de voir son adversaire comme modèle. En ce qui concerne la recherche d’excellence, « la personne en compétition cherche à donner le meilleur d'elle-même. » (2). La compétition se présente comme un travail collectif entre individus ou comme une relation « prof-élève » où il y a une personne qui se démarque plutôt comme leader et l’autre plutôt comme quelqu’un qui apprend. Finalement, le dernier ingrédient, la liberté/responsabilité, c’est en quelque sorte reconnaître que nous avons la liberté de faire des choix, mais aussi la responsabilité de réaliser que nos actions mènent à un résultat et qu’il faut accepter le résultat de nos choix et de nos actions. Donc, si nous respectons ou admirons nos adversaires, si nous travaillons de façon collective et si nous avons la capacité d’accepter la responsabilité de réaliser que ce que nous faisons a un effet, nous vivons une compétition saine.
Maintenant que nous avons pu confirmer, à l’aide de recherches effectuées par Jean Garneau, qu’il y a de la compétition saine, nous allons voir s’il est possible d’avoir de la compétition malsaine. Une fois de plus, selon Jean Garneau, il existe en effet de la compétition malsaine. Quelle est la cause première de ce type de compétition? Comme le dit si bien Monsieur Garneau « comme pour tous les évitements, c’est la peur qui constitue son motif fondamental et sert de moteur à la compétition. » (3). Il y a trois catégories de peur : de l’échec, de l’effort et de l’agressivité/intensité. Nous allons voir chaque cause de plus près. Premièrement la peur de l’échec nous fait réaliser que nous avons peur de perdre, d’être embarrassés. Peu importe la cause, c’est souvent pour une raison commune que nous avons peur de l’échec : l’enjeu de notre estime. Pour ce qui touche la peur de l’effort, nous n’avons pas assez confiance en nous-mêmes et nous sous-estimons nos capacités actuelles. Nous nous décourageons trop facilement. Si nous ne réussissons pas quelque chose du premier coup, nous avons tendance à tout abandonner. En fin de compte, nous ne voulons pas donner plus d’énergie qu’il serait nécessaire pour obtenir la réussite. Dans le cas de la peur de l’agressivité/intensité, le mot agressivité ne signifie pas nécessairement de l’agressivité physique, mais plutôt l’agressivité psychologique et émotionnelle. Nous avons peur d’être blâmés pour une raison quelconque, nous avons peur d’être utilisés injustement. Pour englober, la peur nous conduit à avoir de la compétition malsaine. Que ce soit la peur d’endommager notre estime, de donner trop d’énergie ou de se faire blâmer, peu importe, la compétition malsaine endommage l’aspect psychologique d’une personne.
Nous avons été conçus dans la compétition, nous mourrons dans la compétition. Peu importe La direction que nous prendrons, la compétition était, est et sera toujours à nos côtés. Elle peut nous faire mal, par contre elle peut aussi nous rendre plus fort ou nous pousser à agir lors de certaines situations.
En conclusion, je trouve que la compétition est utile puisqu’elle permet à notre société d’avancer et d’apprendre à accepter nos erreurs et ce qui nous arrive. Sans compétition, où est la motivation?
NOTES EN FIN DE TEXTE
(1) Le Petit Larousse Illustré, Paris, Larousse, 2004, p.241
(2) Garneau, Jean, Compétition saine et malsaine : (2) Les ingrédients d’une saine compétition, Infopsy : Ressources en développement, Volume 5 No.1, janvier 2001
(3) Garneau, Jean, Compétition saine et malsaine : (3) Compétition et évitement, Infopsy : Ressources en développement, Volume 7 No.9, octobre 2003
BIBLIOGRAPHIE
Le Petit Larousse Illustré, Paris, Larousse, 2004
GARNEAU, Jean. 2 janvier 2010. Compétition saine et malsaine :(2) Les ingrédients d’une saine compétition,
http://www.redpsy.com/infopsy/competition2.html
GARNEAU, Jean. 2 janvier 2010. Compétition saine et malsaine :(3) Compétition et évitement,
http://www.redpsy.com/infopsy/competition3.html