QUE LE MEILLEUR GAGNE?

Par : Michèle-Renée Byham

Michèle-Renée a remporté une bourse de 5 000 $ afin d'étudier à l'Université d'Ottawa!

Imaginons une société où la supériorité et la rivalité feraient place à l’égalité des pairs et à l’entraide, où le désir d’être le meilleur disparaîtrait. Ce monde utopique n’existera probablement jamais. Pourquoi? La société d’aujourd’hui valorise la performance et le succès individuel car le désir d’exceller est plus fort que tout. D’ailleurs, la mentalité de la plupart des gens se résume à ce que seuls les meilleurs atteindront les plus hauts échelons de la société. Il n’est pas surprenant que rares sont les endroits où la compétition est absente et encore plus rares les personnes qui ne sont pas affectés par cette rivalité. La compétition répond donc au besoin d’être reconnu pour ses capacités et ses connaissances (1). Elle peut alors rapidement devenir malsaine puisqu’elle pousse les gens à se comparer les uns aux autres. Les types de rivalité les plus courants sont, sans aucun doute, la compétition académique, sportive et sociale. Toutefois, ils ne procureront que des effets néfastes à un individu et seront inutile à la société.

Au niveau académique, la compétition est très présente. Toutefois, rares sont les lieux où ce type de rivalité est sain. La compétition académique entraîne les étudiants à comparer leur intelligence, leur rendement scolaire et leur idéologie (2). En d’autres mots, il s’agit d’une lutte sans merci entre plusieurs personnes ayant comme but de prouver que le quotient intellectuel de l’un est plus élevé que celui des autres. Assez déplorable, n’est-ce pas? Pourtant, c’est la réalité des étudiants d’aujourd’hui! Par ailleurs, ce niveau de compétition peut devenir une source d’anxiété très élevée puisqu’elle poussera l’élève à surpasser les attentes imposées par son environnement scolaire. Si ce n’était que de moi, je recommanderais aux professeurs d’inculquer aux élèves la notion que la vie ne se résume pas qu’à la réussite mais plutôt à une série de bonnes et de mauvaises expériences. Ceci dit, l’important est d’apprendre à en tirer les bons côtés afin de faire de soi une personne accomplie. D’ailleurs, selon Jean-Luc Tremblay, détenteur d’un baccalauréat en administration et d’une maîtrise en administration publique, « Les gens heureux produisent plus et mieux» (3). Donc, il est inutile de s’imposer cette compétition. L’essentiel est de se bâtir des objectifs, des rêves et des attentes personnels tout en tenant compte de son propre potentiel.

Le type de compétition le plus connu est sans aucun doute, la compétition sportive. Elle met en opposition des équipes de sport et peut même aller jusqu’à déclencher l’adversité dans une même équipe. Cette forme de compétition est dépravante puisqu’elle pousse les sportifs à évaluer leur capacités en tenant compte de leurs coéquipiers et de leurs adversaires. La compétition sportive peut alors dégénérer rapidement. L’agressivité, la violence et la haine sont le fruit de cette compétition (4). D’après le journal international de médecine, « Les jeunes qui ont une pratique sportive intensive sont plus violents que les autres» (5). Selon moi, une des premières sources poussant le sportif à être aussi compétitif est l’attitude de l’entraîneur et des parents. La dernière fois que je suis allée au complexe sportif pour regarder une joute de hockey, j’ai été estomaquée. La mère d’un des joueurs criait tellement fort que ses mots résonnaient à travers l’aréna. En plus, l’entraîneur, étant en désaccord avec une décision de l’arbitre, a fait valoir ses opinions avec des mots assez grossiers. Leur but était donc le même: la victoire à tout prix! Pour des parents et un entraîneur, lorsque la victoire brouille les yeux, il ne peut y avoir que des répercussions négatives sur le joueur. Il n’est donc pas rare de voir des sportifs succomber à la pression parentale et à la pression de l’entraîneur. Si j’avais le pouvoir de changer les choses, seuls les commentaires constructifs seraient acceptés à défaut de ne pas pouvoir assister à la joute. Donc, mise à part la violence, la haine et l’agressivité, la compétition sportive n’apporte rien à un joueur ou à une équipe alors, il est inutile de s’infliger ce type de concurrence.

Socialement, la compétition a toujours été présente. La compétition sociale peut être très rigoureuse puisqu’elle attaque directement l’identité d’une personne. Les valeurs, l’attitude, l’apparence physique, la façon d’être; tout est jugé et comparé. Cette forme de compétition peut faire naître chez une personne des complexes physiques et mentales tels des problèmes d’estime de soi et des troubles de l’alimentation (6). Ce type de compétition peut rapidement se transformer en intimidation où, bien entendu, les personnalités les plus fortes gagneront la bataille! Toutefois, est-ce que nous devrions vraiment nous laisser affecter par cette rivalité? Bien sûr que non puisque « lorsque l’on reconnaît ses vraies valeurs, la compétition n’a plus le moindre intérêt» (7). Cependant, cette rivalité peut s’infiltrer tellement vite chez une personne que celle-ci en sera affectée malgré toute la détermination et les efforts qu’elle y mettra. Ma solution: obliger les écoles intermédiaires et secondaires à offrir des ateliers sur l’estime de soi et des sessions de sensibilisation. Cette petite action pourrait en aider plus d’un! Finalement, cette forme de compétition peut être très difficile à contrer. Se connaître, pouvoir s’identifier face à un groupe, avoir des rêves, une passion et une détermination acharnée sont les clés nécessaires afin d’avancer dans la vie.

En conclusion, la compétition, peu importe la forme qu’elle prend, est néfaste à notre société puisqu’elle affecte de manière négative un compétiteur au niveau physique, émotif et mental. Elle fait donc appel à nos sentiments les plus brutaux. Alors, arrêtons de chercher le bonheur par le malheur des autres. La compétition n’est pas la réponse à tout; la passion, la volonté et la détermination seront plutôt les outils nécessaires au chemin de la réussite. Avancer sans emprunter le chemin d’un autre, accéder au succès sans avoir eu à écraser quelqu’un (8); voilà la vraie réussite!


NOTES EN FIN DE TEXTE

(1) André Baechler, « Mon regard sur la compétition ou le manque confiance en soi», http://www.reiki-formation.ch/html/regard-competition-confiance.htm, consulté le 28 décembre 2009,
(2) Samantha A. Goldstein M.D., « Competition», http://www.massgeneral.org/children/adolescenthealth/articles/aa_competition.aspx, consulté le 28 décembre 2009,
(3) Jean-Luc Tremblay, La performance par le plaisir, Montréal, Québec, Les Éditions Transcontinental inc., Les Éditions de la Fondation de l’entrepreneurship, 2006, p. 12.
(4) André Baechler, Op. cit.
(5) Journal International de Médecine, « Le sport de compétition chez l’enfant: du plaisir à la maltraitance», http://www.jim.fr/jim2/FMC/pediatrie/sport.htm, consulté le 3 janvier 2010
(6) Samantha A. Goldstein M.D., Op. cit.
(7) André Baechler, Op. cit.
(8) Idem.


BIBLIOGRAPHIE

BAECHLER, André. Mon regard sur la compétition ou le manque confiance en soi, http://www.reiki-formation.ch/html/regard-competition-confiance.htm, consulté le 28 décembre 2009,

GOLDSTEIN, Samantha A. Competition, http://www.massgeneral.org/children/adolescenthealth/articles/aa_competition.aspx, consulté le 28 décembre 2009,

JOURNAL INTERNATIONAL DE MÉDECINE. Le sport de compétition chez l’enfant: du plaisir à la maltraitance, http://www.jim.fr/jim2/FMC/pediatrie/sport.htm, consulté le 3 janvier 2010

TREMBLAY, Jean-Luc. La performance par le plaisir, Montréal, Québec, Les Éditions Transcontinental inc., Les Éditions de la Fondation de l’entrepreneurship, 2006, 218 p.


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