LA COMPÉTITION NE CONNAÎT PAS LE SENS DU MOT IMPOSSIBLE
Par : Catheryne Gagnon
Catheryne a remporté une bourse de 20 000 $ afin d'étudier à l'Université d'Ottawa!
Lorsque j’ai ouvert un document sur mon ordinateur pour commencer ma rédaction, je me suis aperçue qu’avant même de commencer à écrire, j’avais répondu à la question sur laquelle je devais rédiger un texte. La compétition est-elle utile? Oui, puisque j’y prends part à l’instant, pour aider à financer mon éducation et donner vie aux rêves qui sont ancrés en moi. Puis, comment pourrais-je repousser mes limites, m’améliorer en quoi que ce soit sans un élément qui me pousserait à me battre pour obtenir ce que je veux? Le dictionnaire Larousse définit la compétition comme une «Recherche simultanée, par deux ou plusieurs personnes, d’un même poste, d’un même titre, etc., ou d’un même avantage.» (1) Selon moi, cette définition n’inclut pas la base même de la compétition, celle qui fait qu’elle est si utile dans notre société: le surpassement de ses propres limites, ou des records existants. Des limites qui peuvent être mentales, physiques, ou technologiques.
La compétition mentale est celle qui m’a le plus inspirée à repousser mes limites durant mes dix-sept ans d’existence. À l’école élémentaire, j’étais une enfant un peu naïve avec la tête dans les étoiles. Je rêvais d’une vie prestigieuse, heureuse, où j’aurais un travail fascinant, excitant, et qui me permettrait de voyager. En sachant que l’école était la voie qui m’amènerait à cette vie, je travaillais fort pour récolter d’excellentes notes. En grandissant, j’ai rapidement compris que je vivais dans un monde où il fallait prouver ses compétences pour obtenir ce qu’on voulait; que ce soit une bonne note, un emploi, ou une admission à l’université. La compétition n’était plus ce qu’elle était en théorie; elle était devenue une bataille féroce contre moi-même, qui avait pour but de repousser mes limites personnelles, d’atteindre des buts de plus en plus difficiles. Selon le psychologue Henry Murray (1938), «Les gens qui ont une grande motivation d'accomplissement réussissent mieux.» (2). Quoi de mieux pour motiver quelqu’un que la compétition? C’était cette compétition qui me donnait l’impression que les limites étaient inexistantes. Qu’en fait, en tant qu’être humain, on peut faire n’importe quoi.
À l’aube des jeux Olympiques de Vancouver, le monde a les yeux rivés sur une deuxième forme de compétition: la compétition physique, ou sportive. Les jeux Olympiques sont une opportunité pour les athlètes de repousser les limites de leur propre corps et, parfois, de briser les records jamais atteints par un être humain. «À plusieurs reprises dans l’histoire, on a cru que le maximum possible dans une performance donnée avait été atteint. Mais, dans tous les cas, ces prédictions des experts out toujours été démenties. En effet, il se trouve toujours un athlète capable de dépasser ces estimés conservateurs sur les capacités maximales de la machine humaine. [...] Où se trouve le sommet de la performance sportive maximale?» (3) Sans la compétition, telle les jeux Olympiques, qui pousse les athlètes à s’entraîner sans relâche, à constamment se pousser dans le but de faire une performance qui mériterait une médaille d’or, les records ne seraient jamais brisés. La machine incroyable qu’est le corps humain ne pourrait pas s’améliorer. Un exemple parfait de cette actualisation est le coureur jamaïcain Usain Bolt, qui fit éclater le record du monde du cent mètre aux Mondiaux d’athlétisme cet été à Berlin. «Usain Bolt était tantôt décrit comme un homme de l'espace, tantôt comme un envoyé du futur, par la presse européenne en pâmoison lundi au lendemain de son record du monde du 100 m en 9.58 secondes.» (4) Si, après tant d’années, il est encore possible de repousser les records du monde dans plusieurs disciplines, où se trouvent les limites du corps humain? Existent-elles même?
La dernière forme de compétition dont je vais traiter est la compétition technologique. Celle à qui on doit les progrès dans tous les domaines de la technologie, de la médecine autant qu’à l’informatique. Ces nouvelles créations et découvertes sont parfois une compétition directe entre nations, comme l’exploration de l’espace durant la guerre froide, lorsque John F. Kennedy annonça en 1961 qu’il désirait «mettre un Américain sur la Lune avant la fin de la décennie» après que l’Union Soviétique ait envoyé le premier homme dans l’espace, la même année. (5) Peu importe les moyens ou les raisons, ce type de compétition permet des découvertes dont découlent une amélioration constante au plan technologique. Elles sont parfois bénéfiques, comme la conception de nouveaux médicaments, traitements ou vaccins, ou dangereuses, comme la mise au point des bombes nucléaires. Mais la compétition éternelle de compagnies qui s’efforcent à créer de nouveaux gadgets à la fine pointe de la technologie, ainsi que les scientifiques qui veulent faire de nouvelles découvertes, démontre facilement la capacité de l’être humain de s’actualiser s’il y a motivation. Encore une fois, sur le plan technologique comme sur les autres plans, les limites ne sont que théoriques, car la technologie ne cesse de nous étonner.
La compétition est-elle utile? Elle n’est pas seulement utile, mais nécessaire. Sans elle, où puiser la force, la motivation de repousser ses propres limites, de se surpasser? Sans elle, affirmer que rien n’est impossible, c’est être rêveur. Mais avec elle, ce rêve devient concret. Pour moi, la compétition m’a permis une admission à l’université d’Ottawa en étude de conflits et droits humains. Elle m’apportera peut-être une bourse qui m’aidera à financer mon éducation, si je remporte un prix dans ce concours. Et, qui sait, elle me poussera sans doute à atteindre mon but ultime, soit de travailler à l’ONU pour améliorer les droits humains tout en voyageant autour du monde. Si la compétition m’a donné, personnellement, la force de réaliser mes rêves jusqu’à aujourd’hui, et qu’elle a démontré maintes fois qu’aucune limite n’est inatteignable, que ce soit sur le plan mental, physique ou technologique, alors oui, j’affirme sans aucune hésitation que la compétition est utile.
NOTES EN FIN DE TEXTE
(1) Le petit Larousse illustré, Montréal, Larousse, 2001, p. 241
(2) David G. Myers, Psychologie 8e édition, Paris, Médecine-Sciences Flammarion, 2007, p.504
(3) Claude Bouchard, Jean Brunelle, Paul Godbout, La préparation d’un champion, Québec, Éditions du Pélican, 1973, p.66
(4)Cyberpresse.ca, http://www.cyberpresse.ca/sports/autres-sports/athletisme/200908/17/01-893254-usain-bolt-defie-le-temps-et-lespace-selon-la-presse.php
(5) Cyberpresse.ca, http://www.cyberpresse.ca/sciences/astronomie-et-espace/200907/14/01-883930-la-conquete-de-la-lune-un-vieux-reve-devient-realite.php
BIBLIOGRAPHIE
BOUCHARD, Claude, BRUNELLE, Jean, GODBOUT, Paul. La préparation d’un champion, Québec, Éditions du Pélican, 1973, 563 p.
Le petit Larousse illustré, Montréal, Larousse, 2001, 1785 p.
MYERS, David G. Psychologie 8e édition, Paris, Médecine-Sciences Flammarion, 2007, 772 p.
SANTINI, Jean-Louis, «La conquête de la Lune, un vieux rêve devient réalité», Cyberpresse.ca, 2009, http://www.cyberpresse.ca/sciences/astronomie-et-espace/200907/14/01-883930-la-conquete-de-la-lune-un-vieux-reve-devient-realite.php (page consultée le 10 janvier 2009)
«Usain Bolt défie le temps et l'espace, selon la presse», Cyberpresse.ca, 2009, http://www.cyberpresse.ca/sports/autres-sports/athletisme/200908/17/01-893254-usain-bolt-defie-le-temps-et-lespace-selon-la-presse.php (page consultée le 10 janvier 2009)