Céline Courchesne's Essay

Mais pourquoi pas? 

La politique est définie comme étant « … la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société. » . En étant tous membre d’un état spécifique, on peut donc affirmer que la politique nous concerne tous. Elle se concentre sur les aspects et les composantes de l’organisation de cette collectivité afin de maintenir l’équilibre de ses relations intérieures et extérieures. En tant que pays démocratique, le Canada accorde le droit à ses habitants d’exprimer leurs opinions par le biais du vote lors des élections municipale, provinciale et fédérale. Si nous avons l’opportunité de nous exprimer, pourquoi l’exercice d’aller voter affiche-t-il un déclin depuis les années 80  ? Pourquoi est-ce que, de nos jours, les politiques, ce n’est pas cool ?

C’est une erreur de dire que les jeunes de la génération Y (nés après 1979) ne sont pas politiquement actifs et ne possèdent aucun intérêt à ce sujet : plusieurs expriment leur opinion pour des causes telles que le mouvement vert et les droits de scolarité à l’aide de méthodes plus contemporaines comme YouTube et Facebook. Toutefois, plusieurs possède une connaissance limitée au sujet des institutions politiques, des partis et des concepts plus traditionnels comparativement aux Canadiens plus âgés . De fait, on estime que seulement un Canadien sur vingt, âgé de 18 à 30 ans, a été membre d’un parti politique au courant de leur vie, comparativement à un tiers de la population de plus de 60 ans .

Il faut dire que la réputation du monde des lois et des relations étrangères n’a jamais été très séduisante : on imagine des vieux hommes en habits noirs récitant de longs discours monotones. Or, cet univers englobe l’environnement, l’économie, l’éducation, et bref, toutes les composantes de la vie quotidienne ! Alors pourquoi ne pas changer cette image non-flatteuse ? Ce serait à la jeunesse d’aujourd’hui, les leaders de demain, à propager le changement. Mais il semblerait que de moins en moins de jeunes s’embarquent…

On peut blâmer tout d’abord l’insuffisance d’enseignement de la matière. En Ontario, le cours de civisme offert en 10e année aboutit à un demi-crédit pour l’obtention du diplôme d’études secondaires de l’Ontario (DÉSO). Après avoir reçu leur diplôme, la majorité des élèves sont maintenant d’âge légal pour voter, et leur seule connaissance à ce sujet provient du cinq mois dans leur classe de civisme, et ce, deux ans auparavant. Si on n’est pas exposé au monde politique avant qu’on puisse exercer son droit de vote, pourquoi voudrait-on voter à l’aveuglette ?

Peut-être que le Ministères de l’éducation espèrent que les parents puissent agir comme source d’informations politiques? Or, malheureusement, le temps en famille est limité plus qu’il ne l’a jamais été : les Canadiens qui travaillent ont 45 minutes de moins de temps familial que 20 ans passées . Selon les recherches, cela est un facteur important pour la communication entre les parents et les enfants : 18% des gens 18 à 30 ans ont discuté sur une base quotidienne des politiques en famille lors de leur enfance
VERSUS
24,2% de la population âgée de 31 à 40 ans et plus de 30% de celle de plus de 41 ans .

D’autre part, les ados croient que les politiques ne les concernent pas. Il faut admettre que les destinataires ciblés consistent en une population âgée de plus de trente ans vue qu’elle représente mieux la majorité du Canada. Ce que ces adeptes en politique ignorent c’est, qu’un jour, les jeunes autrefois ignorés remplaceront la population vieillissante. Le contexte dans lequel la politique canadienne se déroule n’attire pas les gens de 18 à 30 ans : ces jeunes sont modernes et cherchent un aspect frais aux traditions vieux-jeu du parlement. De fait, dans son discours prononcé à Paris en 2006, Ségolène Royal affirme que « Le peuple s’intéresse à la politique quand la politique s’intéresse à lui. »  .

Toutefois, on voit de plus en plus d’organisations, telles que la FESFO et les Électeurs en herbe, qui propagent les intérêts politiques chez les adolescents qui n’ont pas atteint l’âge de voter, mais qui veulent faire une différence. Elles sont d’excellentes sources d’information qui initient les jeunes et les préparent pour leur future participation politique.

En étant membre du conseil des élèves de mon école, j’ai pu témoigner le pouvoir du vote lors des élections de juin dernier. À l’arrivée de mon 18e anniversaire, j’assumerai ma responsabilité comme adulte afin de faire valoir mes opinions politiques et mon devoir citoyen. Il faut croire qu’un vote peut faire toute la différence. En s’affirmant, on peut créer un changement et vivre selon nos croyances. D’ailleurs, « Si on pense tous la même chose, c’est qu’on ne pense plus rien. » (François Bayrou).
 

Bibliographie

ANONYME, (3 mars 2008), « Politique », Wikipedia, (en ligne) disponible, page consultée le mardi 11 mars 2008. http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique
ELECTIONS CANADA, (6 mars 2008), « Election Basics », Elections Canada, (en ligne) disponible, page consultée le mardi 11 mars 2008. http://www.elections.ca/content_youth.asp?section=yth&dir=bas&document=index&lang=e
EVENE, « Citations: Le monde politique », Evene, (en ligne) disponible, page consultée le mercredi 12 mars 2008. http://www.evene.fr/citations/theme/monde-politique.php
MACKINNON, Mary Pat, Sonia PITRE et Judy WATLING, (Octobre 2007), « Lost in translation : (Mis) Understanding Youth Engagement », Réseaux canadiens de recherché en politiques publiques, (en ligne) disponible, page consultée le mardi 11 mars 2008. http://www.cprn.org/documents/48800_FR.pdf
THE DAILY (13 février 2007), « Study: Time with the family 2005 », Statistique Canada, en ligne) disponible, page consultée le mercredi 12 mars 2008. http://www.statcan.ca/Daily/English/070213/d070213b.htm

 

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